Dialogue avec les jihadistes : Cette autre réponse de Paris à Bamako

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Au moment où les autorités maliennes tentent  de prendre langue avec les groupes djihadistes, contre eux la France ouvre de nouvelles hostilités sur le terrain.

La force Barkane a annoncé avoir neutralisé,  jeudi 12 novembre 2020, ‘‘plusieurs dizaines de terroristes au cours d’une opération à proximité du village de Niaki, à 180 km de Mopti’’, au centre du Mali. La trentaine de djihadistes  abattus, a-t-on appris, appartenaient au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad AG Ghaly, affilié à Al-Qaïda.

L’intervention du 12 novembre 2020 de la force française Barkhane ayant  abouti à la neutralisation d’une trentaine de djihadistes,  a  eu lieu 48 heures seulement après l’assassinat par la même mission militaire de Bah Ag Moussa le mardi 10 novembre 2020.

 Ancien colonel des forces armées maliennes,  figure du mouvement jihadiste,  très proche d’Iyad Ag Ghaly  et cerveau de plusieurs attaques au Mali  dont celle de  Dioura au centre du Mali en mars 2019 ayant fait au moins 23 soldats maliens tués, Bah Ag Moussa (aussi appelé Bamoussa Diarra) a été tué dans les localités de Ménaka en compagnie de quatre autres personnes dont l’un de ses fils, rapportent des sources concordantes.

Si l’assassinat de Bah Ag Moussa est une grande perte pour le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad AG Ghaly pour qui il jouait aussi un  « rôle assez important dans la formation de la nouvelle génération montante des commandants »,  cette neutralisation est surtout  un signe de grand  malaise entre les autorités française et malienne : ‘‘Il y a un fossé qui est en train de se creuser entre Paris et Bamako’’, a dit Caroline Roussy dans une interview accordée à France 24 en lien avec l’assassinat de Bah Ag Moussa. Selon  la chercheuse à l’Iris, les nouvelles opérations militaire de la France au Mali  ‘‘montrent  de profondes dissensions entre Paris et Bamako sur le fait de négocier ou non avec les jihadistes’’.

La réponse pratique de Paris

A travers ces nouvelles opérations la France  ne fait que mettre en pratique  ce qu’elle a déjà fait savoir aux autorités maliennes.  En fin octobre, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors d’une visite à Bamako a clairement évoqué l’impossibilité  de la tenue d’un processus de dialogue avec les terroristes : ‘‘Disons les choses très clairement : ’‘Il y a les accords de paix et puis il y a les groupes terroristes qui n’ont pas signé les accords de paix  Les choses sont simples’’. A dit Le Drian.

Le ministre français des Affaires étrangères répondait ainsi au Premier ministre malien avec qui il animait une conférence presse. Sous la même tribune, Moctar Ouane avait d’abord  défendu la cause ‘‘d’une offre de dialogue avec les groupes armés jihadistes’’, tel que recommandé par les résolutions  de  la Conférence d’entente nationale (CEN) et celles du dialogue national inclusif  (DNI) tenus à Bamako respectivement du  27 mars au 2 avril 2017 et du 14 au 22 Décembre 2019.

L’indiscret.com (Nos articles ne pourront être reproduits sans autorisation de la rédaction)

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