Dialogue avec les djihadiste: La France change d’avis

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Intraitables au départ sur la question de toute possibilité de prendre langue avec les groupes djihadistes, les autorités françaises semblent avoir finalement changé d’avis. 

Selon des sources médiatiques citant l’Elysée, l’Etat français est prêt à négocier avec ‘‘certains groupes djihadistes locaux au  Sahel’’, mais pas  ‘‘avec les directions d’Al-Qaïda et du groupe État islamique’’

Par ‘‘groupes djihadistes locaux’’, la Présidence de la République française fait, bien entendu, référence  au Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) dirigé par Iyad Ag Gahly.  Né en mars 2017, le GSIM  qui est une fusion de 5 tendances djihadistes (Ansar Dine, AQMI au Sahel, la katiba Macina, la katiba Al-Mourabitoune), est affilié à la Al-Qaïda au Magreb Islamique (AQMI).

L’autre grand groupe djihadiste local est l’Etat Islamique au grand Sahara (EIGS) dirigé par Adnane Abou Walid al-Sahraoui. Il est écarté d’office par la France pour une probable négociation : ‘‘Il n’y a pas de négociation possible, il n’y en aura pas et personne ne le demande dans la région’’, estime l’Élysée toujours cité par des médias français.  

Une exigence malienne

La décision de prendre langue avec les chefs djihadistes Iyad Ag Ghaly et Amadou Kouffa est une volonté des Maliens exprimée lors des assises de  la Conférence d’entente nationale (CEN) et celles du dialogue national inclusif  (DNI), respectivement tenues  du  27 mars au 2 avril 2017 et du 14 au 22 Décembre 2019.

Cette volonté,  le Premier ministre malien Moctar Ouane l’a faite  savoir en fin octobre à Bamako  à Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères. Ce dernier n’avait  pas donné un avis favorable : ‘‘Disons les choses très clairement, il y a les accords de paix et puis il y a les groupes terroristes qui n’ont pas signé les accords de paix  Les choses sont simples’’, a-t-il dit lors d’une conférence de presse conjointement animée avec Moctar Ouane.

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La  déclaration de Jean Yves le Drian a été soutenue par Emamnuel Macron, le Président de la République française, dans un entretien  accordé à ‘‘Jeune Afrique’’ en fin  novembre: ‘‘Avec les terroristes, on ne discute pas. On combat’’, a-t-il dit appelant  les autorités maliennes à ‘‘s’inscrire dans la feuille de route claire que sont les accords d’Alger qui prévoient un dialogue avec différents groupes politiques et autonomistes.’’

Le 3 décembre, sur le plateau de France24-RFI, le Premier ministre Moctar Ouane a réitéré la volonté du gouvernement malien à négocier avec les groupes terroristes, un dialogue visiblement déjà en cours sans la bénédiction de l’ami français: ‘‘C’est une dynamique qui… en est cours à la suite de la conférence nationale.  Ce que nous avons voulu dans le prolongement du dialogue nationale inclusif, c’est d’aboutir à cela.’’, a-t-il conclu sur la question.

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