Centre du Mali : De nouveaux affrontements meurtriers entre peuls et donzos

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Alors que des accords de non agression signés entre la population et des groupes armés parvenaient à instaurer un climat de paix au centre du Mali, de nouveaux incidents sécuritaires y ont récemment été enregistrés.

Dans la journée du mercredi 26 mai 2021, au moins trois incidents sécuritaires  ont eu lieu dans le cercle de Niono, région de Ségou, au centre du Mali. De tristes  évènements qui remettent désormais  en cause la légitimité des accords signés entre les deux principales entités belligérantes, peules et chasseurs traditionnels ‘‘donzos’’.

Au nombre de ces nouveaux incidents sécuritaires dans le cercle de Niono, l’assassinat d’un chasseur traditionnel  à  N’Gnougou, un village dans l a commune de Niono.  Si les raisons de ce crime ne sont pas  toujours connues, ce n’est pas le cas  de cet autre assassinat à Béwane.

 Selon des  sources locales, un autre chasseur a été tué dans la même journée dans les localités de Béwane, commune de Siribala. Ce dernier, nous indique-t-on, a été assassiné après avoir récupéré auprès des groupes armés peuls des bœufs qu’on lui avait enlevés avant la signature des accords de cesse-le feu.

‘‘C’est après avoir récupéré son troupeau d’une vingtaine de têtes qu’il a été tué sur le chemin de retour’’, nous précise une source locale. Selon le même interlocuteur, il existe bien un accord  de non agression dans la localité entre les deux communautés, peules et chasseurs traditionnels donzos  : ‘‘Mais cela n’empêche pas que les gens partent, par exemple, récupérer du bétail qu’on leur a enlevé  avant les accords’’

L’assassinat du chasseur traditionnel à Béwane, ne restera pas ‘‘impuni’’. En représailles des chasseurs traditionnels ont attaqué, et dans la même journée du mercredi 26 mai, une base des groupes armés peuls dans la localité de Dougabougou. Le bilan est assez lourd, plus d’une quinzaine de morts, un bilan confirmé par  plusieurs sources: ‘‘Je ne pense pas si certains  accords vont encore tenir après ces évènements’’, s’inquiète l’un de nos interlocuteurs.

Au-delà de l’accord signé en mi-mars grâce à la médiation du haut conseil islamique du Mali pour lever l’embargo de plus de 5 mois sur la zone de Farabougou, d’autres localités au centre du pays sont parvenues à se mettre d’accord avec des groupes armés  sur des conduites  à tenir. Des conduites, bien entendu, parfois dictées à l’allure de l’application de la charia. L’une de ces récentes localités à signer un accord avec les djihadistes, est Doungal.

A Doungal, village enclavé dans la  commune de Kéwa, cercle de Djénné (Mopti), les populations ont fini par se soumettre à la volonté des groupes armés après environ deux semaines de siège. L’accord signé le 22 mai 2021, a-t-on appris, exige aux femmes de se voiler, la zakat ou impôt doit être payée aux nouveaux maitres des lieux. Et, troisième et dernier point de l’accord, ‘‘aucun habitant du village ne doit  rejoindre les donzos ou chasseurs traditionnels.’’, la population est tenue de dénoncer toute personne qui nouera contact avec eux, les donzos.

De gros risques de détérioration du climat sécuritaire

Des observateurs  craignent surtout  une détérioration de la situation sécuritaire au centre du Mali après l’arrestation par l’armée française,  le  24 mai 2021, de certains éléments de la Katiba Macina du groupe de Soutien à l’Islam et  aux Musulmans dirigé par Iyad Ag Ghaly.

Selon l’agence MENASTREAM, ces combattants au nombre de  cinq ont été arrêtés par Barkhane à Gathi-Loumo (Youwarou), région de Mopti et parmi eux figure un lieutenant qui est aussi le gendre d’Amadou Kouffa,  chef de la Katiba Macina.

Moins d’une semaine après ces arrestations, à Kôro, la Katiba Macina a revendiqué, le 28 mai 2021,   une attaque contre la base de la milice donzo Dana Ambassagou qui a perdu au moins trois éléments et du matériel emporté.

lindiscret.com

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