Mali : L’accord de paix entre relecture et ‘‘mise en œuvre intelligente’’

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Toutes les deux options ont été évoquées par le Premier ministre malien, Dr Choguel K. Maïga, lors de l’ouverture des travaux de  la 43ème session du comité de suivi de l’accord ténue le mardi 29 juin à Bamako.     

‘‘Si j’ai dit mise en œuvre, je m’empresse d’ajouter, comme pour préciser : mise en œuvre intelligente des dispositions de l’Accord’’, a dit Dr Choguel K. Maïga sous cette tribune. Succinct sur la question, le Premier ministre malien  a tout de même rappelé ‘‘deux principes de base’’ que  l’Accord pour la Paix affirme. Ces deux points, dit-il, portent sur le  respect de la forme républicaine et la laïcité du Mali, aussi sur le respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’état malien sur l’ensemble du territoire.

Cette mise en œuvre intelligente dont l’annonce  suscite encore des interrogations,  n’empêchera pas une relecture de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, a fait savoir le Premier ministre  face aux  membres du comité de suivi.

 ‘‘J’engage le gouvernement avec l’appui du bureau du Haut Représentant de la Transition à renforcer le portage politique de l’accord à travers sa vulgarisation tout en envisageant sa relecture conformément à son article 65 dans les meilleurs délais ; pour une meilleure appropriation par les populations maliennes’’, a dit Choguel K. Maïga tout en annonçant l’accélération des processus de DDR (Désarmement – Démobilisation- Réinsertion) et la finalisation de l’Intégration des ex-combattants des mouvements.

La relecture de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, bien que recommandée par les assises du Dialogue national Inclusif en fin novembre tenus en fin décembre 2019, fait encore l’objet  de débats entre les autorités maliennes  et les groupes armées signataires qui ont d’abord obtenu des ‘‘garanties’’ sur l’application de l’accord   pour ensuite participer à l’actuel gouvernement. Quelles garanties donc ? Grand mystère !

Un bilan qui divise

Six ans  après sa signature en 2015, les avis  restent divisés  sur le bilan  de l’accord pour la paix au Mali.  Alors que la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad) en tire un ‘‘bilan peu élogieux’’, la MINUSMA, mission de maintien de paix de l’ONU au Mali, souligne des ‘‘avancées significatives’’.

En conférence de presse à Bamako  le dimanche 20 juin 2021, date commémorative de la signature de l’accord, des responsables  de la coordination des mouvements de l’azawad,  ont indiqué que les question de fond dans la mise en œuvre de l’accord n’ont pas encore été touchées. Au nombre de ces questions, la révision de la constitution du Mali  pour pouvoir y  intégrer des dispositions de l’accord. La CMA met aussi en cause la  lenteur dans le processus de DDR.

Danilson  Lopes  Da Rosa, chef de l’unité de Médiation de la MINUSMA, a, lors de la conférence de presse hebdomadaire du 24 juin de la mission onusienne, a indiqué que la mise en œuvre de l’accord connait des ‘’avancées significatives’’. Il a principalement l’accent sur l’installation des autorités intérimaires, le processus découpage territorial et administratif en cours et le déploiement de la compagnie du 3ème bataillon de l’armée reconstituée de Kidal  qui a rejoint    la ville le lundi 28  juin 2021.    

lindiscret.com

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